Samedi 31 janvier 2009
6
31
/01
/2009
18:37
Bourvil
Un rire inimitable et contagieux,
une voix reconnaissable entre
toutes,
un personnage irremplaçable,
malgré tout ce qu'on dit à propos des cimetières ...

Né André-Zacharie Raimbourg-Ménart
le 27 juillet 1917
Décédé le 23 septembre 1970
Il doit son nom d'artiste au petit bourg rural de Normandie, Bourville, son lieu de naissance.
André naît orphelin. Son père est mort sur les champs de bataille de la grande guerre.
La veuve Raimbourg, épouse Louis Ménart en deuxième noce. André et son frère René s'installent avec leurs "parents" dans les alentours de Dieppe. Le couple aura encore trois autres
enfants.
La vie est loin d'être facile dans la campagne normande de l'entre-deux-guerres. Les Ménart, aidés de leurs cinq enfant travaillent dur à la ferme.
Dès l'âge de 10 ans, André prend goût à la musique. Il écoute sans fin les derniers tubes sur la TSF de l'instituteur du village.
Ayant son certificat d'étude en poche à l'âge de quatorze ans, il quitte la campagne pour le pensionnat de Doudeville.
Très éprouvé par cet enfermement, il s'enfuit et rentre chez lui.
Sa vie c'est la terre à laquelle il restera attaché toute sa vie.
Il étudie l'harmonica, l'accordéon et le cornet à piston. Il intègre donc la fanfare du village.

A l'âge de dis-neuf ans, il quitte la campagne pour la ville. Il part à Rouen et y exerce le métier d'apprenti boulanger. Il veut obtenir une situation afin de pouvoir demander en
mariage son amie Jeanne Lefrique.
Mais il n'oublie pas sa passion pour la musique.
Un soir, c'est la révélation, en 1936, il assiste à un concert du grand Fernandel.
C'est décidé, il sera artiste.
Le jeune André intègre le 24ème Régiment d'Infanterie, en 1937.
Il s'engage pour trois ans au sein de la clique du Régiment. Il y fait ses véritables débuts de chanteur, devant des camarades stupéfiés par son talent et sa drôlerie.
Mais en dehors de ces murs étroits de caserne, il remporte de nombreux Radio-crochets, qui pour lui sont de petites victoires.
En 1939, le début de la deuxième guerre mondiale. Exil et souffrances sont le lot de la guerre. André est envoyé sur le front, puis démobilisé en août 1940, près de Pau.
Il y fait la connaissance d'Etienne Lorin, son meilleur ami et parolier de nombreuses de ses futures chansons.
Ensemble, il mettent au point les numéros du nouveau comique-troupier Andrel, nom que André s'était alors inventé.
Il est de retour à Paris en 1941.
Personne ne veut du jeune normand, excepté la "Gaîté Montparnasse", qui finit par l'embaucher pour un soir. Il y chante ses premières compositions, accompagné d'Etienne.
Puis il accompagne Bordas à l'ABC pour plusieurs représentations.
Il met ainsi le pied à l'étrier du métier d'artiste.
Après plusieurs contrats dans les cabarets parisiens, il décide de troquer son nom d'Andrel pour Bourvil.

Nous sommes déjà en 1942, et Bourvil débute alors véritablement sa carrière.
Il en profite pour épouser "sa" Jeanne en janvier 1943.
Petit à petit, ses contrats sur scène font parler de lui.
Emu, par une petite vendeuse de cartes postales croisées dans les rues de Paris, il écrit les crayons, en 1944.
Cette chanson passe sur toutes les ondes et devient son premier tube.
Bourvil est maintenant une star !
Paroles de la chanson
Ell' n'avait pas de parents,
Puisque elle était orpheline,
Comm'ell' n'avait pas d'argent,
Ce n'était pas un' richissime.
Ell'eut c'pendant des parents,
Mais ils ne l'avaient pas r'connue,
Si bien que la pauvr'enfant,
On la surnomma l'inconnue
Ell' vendait des cart' postales,
Puis aussi des crayons,
Car sa destinée fatale,
C'était d'vendr' des crayons.
Elle disait aux gens d'la rue:
Voulez-vous des crayons,
Mais r'connaissant l'inconnue,
Ils disaient toujours non.
C'est ça qu'est triste.
C'est triste quand même de n'pas reconnaître son enfant,
il faut pas être physionomiste !
Il m'semble que si j'avais un enfant, moi je le reconnaitrais !
A condition qu'il me ressemble, naturellement !
C'était rue d'Ménilmontant,
Qu'elle étalait son p'tit panier,
Pour attirer les clients,
Ell' remuait un peu son panier.
Mais un jour, un vagabond,
Qui passait auprès d'son panier,
Lui a pris tous ses crayons,
Alors, ell' s'est mise a crier :
Voulez-vous des cartes postales,
Je n'ai plus de crayons,
Mais les gens, chose banale,
N'voulaient plus qu'des crayons.
Quand elle criait dans la rue,
Voulez-vous des crayons,
Ils disaient à l'inconnue :
Tes crayons sont pas bons,
C'est ça qu'est triste.
C'est triste quand même, elle avait plus d'crayons.
Forcément, elle s'baladait avec son panier à découvert, n'est-ce pas
alors l'vagabond, lui, il passait à côté d'son panier, n'est-ce pas
alors avec sa main, alors ... heu ... hop
il lui a pris tous ses crayons, comme ça elle n'en avait plus
C'est vrai qu'elle n'en avait pas besoin puisqu'elle n'en vendait jamais !
Mais quand même !
Un marchand d'crayons en gros
Lui dit : Viens chez moi mon enfant,
Je t'en ferai voir des beaux,
Je n'te demanderai pas d'argent.
Ce fut un drôle de marché,
Car c'était un drôle de marchand,
Et elle l'a senti passer,
Car ell'en a eu un enfant.
C'est triste ça quand même d'abuser d'une inconnue comme ça !
C'est vrai qu'elle a été faible aussi !
C'est pas parce qu'il disait qu'il avait un ... qu'il était ...
Enfin, elle avait un enfant quoi, elle avait bonne mine !
Si seulement elle avait eu une mine de crayon !
Mais non mais c'est ça qui la minait!
Alors elle l'a abandonnée son enfant,
Et qu'est-ce qu'elle a fait plus tard cette enfant, hein ?
Elle vendait des cartes postales,
Puis aussi des crayons,
Car sa destinée fatale,
C'était d'vendre des crayons.
Elle disait aux gens d'la rue,
Voulez-vous des crayons,
Mais r'connaissant l'inconnue,
Ils disaient toujours non.
C'est ça qu'est triste.
Très sollicité, il obtient son premier rôle au cinéma dans "La ferme du Pendu" en 1945.
Puis il tourne, sous la direction de André Berthomieu, dans "Pas si bête".
Il remplit les musics-halls, vend ses disques comme des petits pains, joue dans de nombreuses opérette et entame une magnifique carrière au cinéma.

La période d'après-guerre est propice à l'explosion médiatique du jeune comique.
Rien ne peut lui résister.

Il devient papa le 28 avril 1949 et continue de tourner avec les plus grands, Pagnol, Grangier, Berthomieu ... Tout cela, sans manquer de consacrer une grande partie de son temps à sa
famille. Bourvil continue sa carrière avec brio.

Malgré quelques critiques, chacune de ses apparitions est largement récomponsée par une énorme succès public.
Bourvil est toujours resté simple et populaire au sens premier du terme.

C'est avec Annie Cordy et Georges Guétary, qu'il va décrocher un nouveau succès en 1952, dans l'opérette "L'Auberge Fleurie". Elle se joue à guichets fermés au mois de décembre 1952, à l'ABC,
et son succès durera des années.
Pendant vingt ans, Bourvil va enchaîner les succès cinématographiques :
"Le trou Normand"

Ici avec Brigitte Bardot

"Fortunat"

Ici avec Michelle Morgan

"Poisson d'Avril"

Ici, avec Louis de Funès

"Un drôle de paroissien"

Ici, avec Francis Blanche

"Un drôle de dimanche"
Ici avec Danielle Darrieux


"La traversée de Paris"
Ici avec Jean Gabin

Ici avec Louis de Funès et
Jean Gabin

"Le passe-muraille"

"Le chanteur de Mexico"

avec
Annie Cordy et Luis Mariano

"Les misérables"
Avec Jean Gabin


"Le Bossu"
Avec Jean Marais
"La jument verte"

"Le Corniaud"
"La grande vadrouille"

"Le Cerveau"

"Les Grandes gueules"
Ici, avec Lino Ventura

La discographie :
Fredo le Porteur, Ballade irlandaise, Berceuse à Frédéric, Salade de fruits, Les papous, Ma p'tite chanson, La tactique du gendarme ...

Mais en 1967, lors du tournage des Cracks, le couperet tombe.
Au sommet de sa gloire, Bourvil apprende qu'il est atteint de la maladie de Kahler (prolifération maligne des plasmocytes, initialement localisée
à la moelle osseuse).
Ses jours sont comptés ... Il vivra trois ans de plus, jusqu'à ce jour du 23 septembre 1970 où il s'éteint, à l'âge de 53 ans.
Il venait de terminer le tournage du "Cercle Rouge" avec Alain Delon et Yves Montand.





Derrière ses faux-airs de benêt, Bourvil a réellement marqué la chanson et le cinéma du vingtième siècle.
Populaire, généreux, cet homme UNIQUE a su apporter à son personnage de comique paysan, une très grande finesse.
Ces interprétations ont marqué le public de plusieurs générations.
Il était drôle, tendre et délicat, c'est propablement ces qualités que le public a su capter ... On ne le berne jamais le public. Il ne l'a d'ailleurs pas fait, et l'amour de ce
public est intact, plus de trente ans après sa disparition.
Que dire d'un homme aussi complet ...
Il est de la race de ces hommes "vrais, entier" se montrant tels qu'il sont, n'interprétant des rôles QUE pour le cinéma, mais jamais dans la vie !
Genre d'hommes que je respecte et aime par-dessus tout, dommage que certains moules soient cassés ...
Vous nous manquez beaucoup Monsieur Bourvil, heureusement les technologies actuelles nous permettent de vous voir et de vous revoir autant de fois que nous le désirons, sans jamais nous
lasser.
La vérité ne lasse jamais !
Merci pour tout ce que vous avez donné en si peu de temps !
Ce rire merveilleux inoubliable et ce visage ...
Fin
Par doti17
-
Publié dans : PEOPLE
-
3
-
Recommander
Derniers Commentaires